Surveiller et punir, Michel Foucault

Publié le par olivier Legrand

    Présentation du Livre de Michel Foucault (1926-1984), Surveiller et punir datant de 1975. À travers, cet ouvrage qui ne traite pas directement de planification urbaine mon but est de vous présenter un autre éclairage sur les liens entre l’urbanisme et les autres inventions institutionnelles de l’époque Moderne. Surveiller et punir est un essai historique portant sur l’apparition de la prison sous leurs formes modernes et la disparition corollaire des châtiments publics.
    Pour cela je dois revenir sur 2 idées fortes portant sur la relation entre le pouvoir et le savoir qui sont nécessaires à la compréhension de ma présentation. Il s’agit de :
-La relation entre le pouvoir et le savoir, l’auteur nous invite à renoncer à l’idée que pouvoir et savoir s’oppose ; l’idée selon lesquelles « il ne peut y avoir de savoir là où sont suspendues les relations de pouvoir ». Pour l’auteur, «il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution d’un champ de savoir », en d’autre terme, le pouvoir produit du savoir.
- La constitution du « pouvoir-savoir» ne procède pas de soudaine découverte mais d’une multiplicité de processus souvent mineur, d’origine différente et de localisation éparse, qui se recoupent, prennent appuis les uns sur les autres, entre en convergence et dessinent peu à peu l’épure d’une méthode générale. Ces découvertes se sont généralement imposé pour faire face à des exigences conjoncturelles comme les innovations industrielles ou encore la recrudescence d’épidémie.

    Je peux vous présenter maintenant  en quoi l’étude faite par Foucault sur les techniques de surveillance et de sanction, mises en place aux cours du 17° et 18° siècles , peuvent nous éclairer sur les pratiques contemporaines de l’aménagement. L’argumentation de l’auteur ne prend pas appuis sur l’histoire des institutions d’aménagements mais sur le monde carcéral, militaire, médical et de l’enseignement. Pour cela je m’appuierais sur le premier chapitre du livre, Les corps dociles, et plus particulièrement sur le sous-chapitre, L’art des répartitions.
    L’auteur nous y présente 3 techniques spatiales qui participent aux nouvelles formes disciplinaires. Pour ne pas nous éloigné de notre champ d’étude je donnerai à chaque fois un exemple relevant du champ de la planification urbaine.
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1°-La Clôture :
définie comme « la spécification d’un lieu hétérogène à tous les autres et fermé sur lui-même ». Dans la seconde moitié du 18° siècle se développe à côté d'ateliers disséminés dans l’espace urbain de grand espace manufacturer homogène et bien délimité, on peut citer Le Creusot qui fut un espace productif comprenant des logements clairement délimité par un système de mur et de porte. Du POS (Plan d’occupation des Sols) au PLU (Plan Local d’Urbanisme) la limite communale s’est imposé pour clôturer/délimiter « l’acte d’aménagement ». Les SCOT, Schéma de Cohérence Territorial, document d’échelle intercommunale dont le but est une meilleure prise en compte d’un espace urbain au contour flou et dynamique a été sujet de nombreux débat dont le principale sujet fut celui de la limite. Qu’elle est la limite la plus pertinente pour emménager un espace urbain, le département, la région,… ? Les nombreux débat n’ont pas remis en cause l’idée de limite mais on chercher la « bonne limite ».

2°-Le principe de la localisation élémentaire ou du quadrillage:
« la discipline organise un espace analytique où le global et le local sont mis en relation,sont comparés, la productivité d’un ouvrier est jugé au vue de la productivité moyenne ». Ainsi la mixité sociale d’un quartier est jugée au vue de la composition sociale de l’ensemble urbain au laquelle il appartient. La mise en place de services spécialisés dans les hôpitaux a été à la fois une source de savoir sur les différentes pathologies mais aussi une méthode de gestion administrative. Dans le principe de localisation élémentaire le pouvoir et le savoir se recoupent. La connaissance à la fois relative et absolue d’un phénomène est nécessaire à la fois pour son étude et son contrôle. Nos réticences face aux questionnaire vient de ce type d’interrogation « est-ce pour mieux me connaître ou mieux nous contrôler ? »

3°-La création d’un espace utile, d’emplacement fonctionnel : Image-sans-titre-1.jpg
« à chaque individu sa place et à chaque emplacement sa fonction ». Ainsi en 1791, la construction d’une allé centrale dans l’usine d’Oberkampf de Jouey a permis l’employer 264 ouvriers tout en assurant un contrôle de la qualité et un suivie des différentes étapes de la production. Nous voilà loin de la relation maître apprentis qui caractérise le travail artisanal. Ce principe d’espace utile se retrouve en urbanisme avec la pratique du zonage, qui a pour but d’éviter les nuisances produites par la cohabitation de certaine fonction (résidentielle et industrielle) mais aussi la recherche d’une meilleure efficacité d’ensemble, voir la mise en synergie des différentes fonctions urbaines. L’urbanisme moderne se caractérise par la constitution d’espace fonctionnelle mais aussi d’espace de relégation,ainsi tout comme les maîtres de classe, les urbanistes on appris a séparé « le bon grains du mauvais grains » et donc éviter les « nuisances sociales » produite par une trop grande proximitée...

    Ainsi les principes que Foucault dégage des nouvelles formes de disciplines, mise en place au cours du 17°-18° siècles, se retrouvent aussi dans les différentes procédures qui caractérisent « l’acte d’aménagement urbain ».
Foucault nous propose une autre vision des rapports existants entre le pouvoir et le savoir et  nous montre en quoi la gestion de l’espace est un enjeu de pouvoir.
  
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Publié dans Foucault

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