Les enjeux du tourisme à Chypre Nord

Publié le par olivier Legrand

Olivier Legrand
Master d’Urbanisme et d’aménagement
La Sorbonne

Les enjeux du tourisme à Chypre Nord

Résumé : L’île de Chypre a la particularité de concentrer l’un des paradoxes méditerranéens. Car la Méditerranée contemporaine est à la fois l’une des principale zone de tensions géopolitiques au plan mondial et l’un des principal pôle récepteur du tourisme mondial.
Si l’on peut concevoir une telle cohabitation à petite échelle, sa matérialisation à l’échelle insulaire est plus problématique. Les interactions entre ces deux champs sont peu étudiées ou de manière anecdotique.
En nous concentrant sur le cas de Chypre Nord, notre optique est bien d’explorer les  coalescences qui peuvent exister. Quels liens se tissent entre ces champs en apparence  opposés, la géopolitique et le tourisme ?

Mots-clefs : Chypre, tourism, République Turque de Chypre Nord, bien immobiliers, dépossesion

La faible place du tourisme dans la République Turque de Chypre Nord
    Le tourisme à Chypre Nord se caractérise par une faiblesse atypique au vu de son environnement, le bassin méditerranéen étant l’une des régions les plus touristiques au monde. On peut appréhender cette faiblesse en comparant le secteur touristique de part et d’autre de la ligne de démarcation, entre la République de Chypre au Sud et la RTNC au Nord. En 2001, l’office touristique de la RTNC dénombrait 10 798 lits (pour 120 établissements touristiques) ; à la même période, la République de Chypre en dénombrait 88 302, soit environ huit fois plus. Alors même qu’en 1974, 65% des établissements touristiques et 87% des lits d’hôtels en construction sont passés sous le contrôle de l’armée Turque puis de la RTNC. La différence entre la partie Nord et la partie Sud est encore plus importante si l’on prend en compte les taux d’occupation  de ces installations, ils ne sont que de 31% au Nord contre 58% au Sud. Cette différence se traduit dans la place que tient le tourisme au sein des deux économies, sa participation à la formation du PIB est estimée à 5,2% au Nord contre 22% au Sud (Hellenic Bank 2001). Pour apprécier cette prédominance de la République de Chypre il est nécessaire de prendre en considération les effets de l’intervention Turque de 1974. Elle entraîna la perte pour la République de Chypre de 35% de son territoire et de 53% du linaire côtier qui est passé sous contrôle de la RTNC. Perte d’autant plus importante que le tourisme à Chypre comme en Méditerranée est majoritairement balnéaire. La présence dans la partie Sud de deux bases souveraines Britanniques vient encore amputer ce précieux capital, la République de Chypre a dû et a su  développer un secteur touristique important avec seulement 38% du linaire côtier total de l’île.

La prédominance de la Turquie dans la demande touristique
    « Traditionnellement » le tourisme à Chypre Nord est un tourisme de passage en provenance du continent Anatolien. En 2001, 69% des touristes recensés par l’office touristique de la RTNC avaient la nationalité Turque. Les multiples liens culturels, politiques entre la Turquie et la RTNC font que les citoyens turcs représentent, encore aujourd’hui, le premier contingent touristique de l’île. Les touristes turcs profitent de la proximité de l’île, à 70 Km des côtes turques et du faible coût de la vie sur l’île, la monnaie utilisée en RNTC n’est autre que la livre turque. La politique touristique de la RTCN est tournée vers le marché turc avec un renforcement de son offre par la mise en place d’un système éducatif de troisième cycle. On compte aujourd’hui cinq Universités à Chypre Nord dont une branche de l’Anatolian Open University de Turquie. En 2002, 56% des étudiants inscrits dans les universités de Chypre Nord avaient la nationalité turque, contre seulement 36% de nationalité nord chypriote (State Planning Organisation 2002). De tels résultats s’expliquent  car la Turquie est le seul pays à avoir reconnu l’existence de la RTNC et donc des diplômes délivrés sur son sol. La présence de nombreux casinos à Chypre Nord rentre aussi dans cette même stratégie, les salles de jeux étant interdites en Turquie. Les populations aisées de Turquie trouvent à Chypre Nord un espace aménagé pour leurs loisirs (éventuellement interdits en Turquie) et assurent à leurs enfants une éducation dans un cadre privilégié.
Mais la Turquie joue aussi un rôle indirect dans le développement du tourisme. Les arrangements existant entre l’État Turc et les compagnies aériennes de la RTNC a permis la mise en place de « liaisons directes » avec l’Europe et  de détourner ainsi l’interdiction  faite aux compagnies aériennes de se poser au Nord de Chypre. Les avions en provenance de l’Europe font escale sur le territoire turc. La fonction de cette escale n’est pas d’ordre technique mais bien politique, les passagers ne peuvent quitter l’avion car à la différence de Chypre Nord l’entrée en Turquie nécessite l’obtention préalable d’un visa.
Logiquement la crise économique qui toucha la Turquie en février 2001 a eu pour conséquence directe un repli de l’activité touristique de la RTCN. L’importance de la Turquie dans le secteur touristique est à l’image des autres secteurs de l’économie et du fonctionnement même de la RTNC.

L’échec du Plan Annan, la remise en cause d’un avenir radieux pour le tourisme à Chypre Nord
    Mis en place et aidé par l’intégration à l’Union Européenne de la République de Chypre, le plan Annan ouvrait au tourisme du Nord de Chypre de multiples possibilités de développement. Ce Plan instituait une Fédération Chypriote, formée par deux États souverains, nommé « États constituants», dont les territoires correspondaient approximativement à ceux de la République de Chypre et de la RTNC. Dans cette architecture complexe, le tourisme restait dans la juridiction de chaque Etat constituant, la coopération et la coordination devant guider les politiques des deux entités (Annexe 1 Partie IV article 15-16). La fin de l’embargo aurait permis un développement rapide avec l’arrivé de capitaux étrangers, notamment israéliens (déjà très présents au Sud) et des fonds européens de cohésion et de développement pour subvenir aux besoins en équipement (L. Altinay, « Possible impacts of a federal solution to the Cyprus problem on the tourism industry of North Cyprus », International Journal of Hospitality Management, No. 19, 295- 309). Ce scénario ne vit jamais le jour, le 24 avril 2004 les électeurs de la République de Chypre rejetant par voix référendaire le plan Annan.
L’échec du Plan Annan s’explique principalement par les solutions imposées sur les questions foncières. On estime que 80% du foncier localisé au Nord a pour propriétaires des Chypriotes Grecs. Leurs biens ont été confisqués et redistribués en grande majorité aux 50 à 80 000 paysans venus d’Anatolie (Chypre et Malte : deux  États insulaires dans l’Union européenne P. Rognon Annales de Géographie N° 644 Juillet-Août 2005). Les thèses en présence sont, pour la République de Chypre la restitution totale des biens perdus à la suite de l’invasion et pour la RTNC  la mise en place de commissions en charge du dédommagement. La réponse apportée par le Plan fut double, un retour partiel étalé sur 10 ans et  le recours à des compensations financières. Cette dernière proposition fut fortement critiquée au Sud car les compensations devaient être versées par la Fédération, les réfugiés y participant de fait.
 Le dédommagement se complexifie du fait de la nature des terrains restant sous la souveraineté du Nord. Dans le Plan, l’État constituant Chypriote Turc ne devait plus occuper que 28% de la superficie totale de l’île, mais sa part du linaire côtier restait de 52%. Si l’on prend pour référence la partie Sud de l’île, on remarque que le développement touristique et plus généralement le développement économique s’est porté principalement sur les côtes. Dès lors le gouvernement de Chypre Nord était assuré de garder sous sa souveraineté les zones ayant les plus forts potentiels de développement. La commission en charge des dédommagements devait-elle les estimer selon leur valeur passée, présente ou future ?
    En refusant la réunification, la République de Chypre reste la seule autorité politique légale de l’île et de fait seuls les titres de propriétés qu’elle délivre sont reconnus par les Nations Unies et l’Union Européenne.


Les nouvelles tendances du tourisme à Chypre Nord
    On assiste à des changements dans l’origine des touristes et sur le type d’offre. Ces évolutions peuvent être évaluées par le biais d’Internet.  A côté des sites généralistes présentant la RTNC, les internautes peuvent accéder à des sites spécialisés dans la vente et la construction de maisons individuelles. Les exemples sont multiples, parmi ces nombreux sites on peut retenir celui de la Northern Cyprus Property qui propose des «luxury gated complex of garden and penthouse residences» sur les côtes de Girme (Kerynia). Les produits immobiliers proposés se démarquent par leurs faibles coûts. La  "luxury detached villa" en bord de mer est proposée a environs £UK 39,000, ce qui est sans commune mesure avec l’offre au Sud où pour £UK 50,000 on peut accéder à une « one bed flat in a block with communal swimming pools ». En parallèle à ces techniques de vente traditionnelle émerge un nouveau type de service en direction de cette même clientèle. Il s’agit généralement d’anciens touristes qui offrent leurs aides et conseils pour effectuer un achat immobilier. À titre d’exemple, un site russe propose ce type de service pour un tarif de 100 US dollars par jour. Bien sûr tous ces acteurs font rarement état de la situation politique et surtout des questions foncières qui en découlent. On peut esquisser le nouveau type de clientèle visée par ce genre d’offre. En 2001, 25% des 200 000 clients des établissements touristiques à Chypre Nord étaient des ressortissants du Royaume-Uni. Grâce à la presse britannique, il est possible d’avoir une image plus claire du profil des nouveaux acheteurs présents à Chypre Nord. Le Sport Telegraph  affirme que la RTNC est devenu « an increasingly popular destination for British couples with modest pensions and a taste for Mediterranean life ». En 2004, le gouvernement de la République de Chypre estimait à 2 800 le nombre de citoyens britanniques prêts à acheter des terrains au statut controversé (soit une augmentation de 300% par rapport à l’estimation faite 2003). La  place du Royaume-Uni dans l’histoire contemporaine de l’île et le difficile accès  à des données primaires font que l’image que l’on peut esquisser du contingent  touristique présent au Nord est en partie déformée, les touristes en provenance d’autres pays sont moins visibles car plus éloignés des enjeux politiques.
    Si le facteur économique semble déterminant pour expliquer cette évolution, on ne peut écarter l’action de la Communauté internationale et ses changements à l’égard de la RTNC.

Les effets indirects du boycott sur le tourisme de la RTNC
    L’analyse des effets du boycott sur l’économie de Chypre Nord est bien connue, la stagnation du Nord et le décollage du Sud. On estime en 2005 une différence de niveau de vie de 5 à 1 en faveur de la République de Chypre. Sous l’angle touristique l’analyse se révèle moins claire si l’on prend en considération les évolutions de la demande. La mise à l’écart a conduit de facto à une protection du patrimoine écologique et environnemental de la partie Nord. Ses côtes n’ont pas connu la fièvre immobilière qui a été observée au Sud. Fièvre qui s’est traduite par une forte « bétonisation » du littoral, où bars et hôtels ont forgé un paysage homogène typique des zones fortement touristiques. La montée des courants écologiques dans les sociétés occidentales a conduit à une critique virulente de ces formes de développement, coupables de dégrader l’environnement naturel et culturel. Dès lors le tourisme de Chypre Nord bénéficie d’un avantage comparatif sur celui du Sud. Les paysages de la RTCN ne sont plus perçus comme le révélateur d’un retard économique mais comme un signe et un gage d’authenticité. Ces avantages sont mis en avant par les différents sites et guides touristique. Dans son guide North Cyprus, D. Darke affirme que Chypre Nord est  « probably the most unspoilt corner in the Mediterranean ». Ces nouvelles pratiques touristiques accordent une place importante au patrimoine historique et là aussi la RTCN possède de nombreux avantages.
Les effets positifs du bon comportement  électoral
    Les aménagements et les fonds mis en place par l’Union Européenne dans le cadre de l’adhésion d’une l’île réunifiée n’ont pas été totalement remis en cause avec l’échec du Plan Annan. Ainsi pour le Commissaire européen responsable de l’élargissement, Günter Verheugen, « la communauté chypriote turque ayant exprimé son soutien massif en faveur du plan des Nations Unies pour la réunification de Chypre, il eut été injuste, de ne pas lui tendre la main ». Cette main tendue représente un montant de 259 millions d’euros destiné au développement de Chypre Nord pour la période 2004-2006. Cette aide doit financer le programme « Partenership for the Futur » géré par le Programme de Développement des Nation Unies et son agence l’UNOPS. C’est à travers ce programme que le tourisme à Chypre Nord est soutenu, une de ces actions concerne le développement du tourisme durable. Son but est de promouvoir des projets à échelle locale et le soutient aux institutions afin d’améliorer la gestion et la formation des services touristiques. Onze colloques portant sur le tourisme ont eu lieu depuis 2004, citons par exemple le colloque « Train the Trainers Course for Tourist Guide » tenu en Janvier 2006 auquel participa la Fédération Mondiale des associations des guides touristiques, la WFTG. L’Union européenne n’est pas perçue comme l’unique interlocuteur par les dirigeants de la RTCN. À la veille de son invitation en 2005 à Washington, le futur président de la RTCN, Mehmet Ali Talat s’exprimait sur la chaîne de télévision turque NTV et demandait à la Secrétaire d’État Américaine, Condoleezza Rice, le lancement d’investissements, par les compagnies américaines, notamment  dans le domaine du tourisme.
    « La manne touristique » semble être perçue comme un moyen d’influer sur la situation Chypriote car elle pourrait à terme  permettre un retrait de la présence turque. La Turquie assure, par le biais de subventions, environs 80% du budget de la RTCN, une reprise économique permettrait à Ankara la baisse de son aide. De même, une politique volontariste de développement nécessiterait et permettrait une diminution de la présence militaire, estimée à 35 000 hommes. L’implantation de nombreuses bases militaires  constitue un frein au développement du tourisme.

La contre-attaque juridique en provenance de  la République de Chypre
    Après son entrée dans l’Union Européenne le gouvernement de Tassos Papadopoulos, l’actuel président de la République de Chypre n’a pas remis en cause l’aide fournie à Chypre Nord, la Commission Européenne ayant réaffirmé que ses initiatives n’ont pas pour but la reconnaissance directe ou indirecte de la RTCN. Mais le développement touristique que connaît le Nord de l’île est attaqué par certains acteurs de la société sud chypriote. Le procès Orams peut-être considéré comme le symbole de cette contre-attaque. Ce procès est intenté contre une famille de retraités britanniques dont la résidence secondaire a été édifiée sur un terrain appartenant à une famille chypriote grecque expulsée lors de l’invasion de 1974. Le lien entre cette affaire et la question touristique est renforcé par le fait que la personne à l’origine de la plainte, Meletios Apostolides, architecte, est membre de l’Organisation Touristique de Chypre. Le procès voit s’opposer deux thèses et deux lectures de la situation chypriote. Les Orams estiment être les propriétaires légaux d’un terrain situé dans le village de Lapta et acquis selon les lois en vigueur en RTCN. Pour le camp adverse, le terrain de la famille Apostolides situé dans le village de  Lepithos reste la propriété de la famille selon les lois en vigueurs dans la République de Chypre, dont la juridiction est censée s’appliquer à l’ensemble du territoire insulaire. Avant d’évoquer les suites du procès, il est nécessaire de préciser l’importance du pouvoir juridique dans le fonctionnement de la République de Chypre.
Le professeur C. Zorgbibe qualifie le gouvernement de la République de Chypre de « gouvernement de juges » (C. ZORGBIBE, Terres  trop promises, Paris, La Manufacture, 1990, p. 232). Le pouvoir judiciaire a été renforcé à la suite de la démission des représentants de la  Communauté Chypriote turque des différentes instances de la République en 1963. Cette crise a eu pour effet la création de la Cour Suprême, par la fusion de la Haute Cours de Justice et de la Cour Constitutionnelle. Les différents arrêts de cet organe jouent un rôle déterminant dans la vie politique de l’île. Au niveau international, les citoyens de la République de Chypre peuvent  utiliser l’obligation de coopération juridique entre les états membres de l’Union Européenne et sur l’arrêté C. Loizidou,  rendu en 1996 par la Cour européenne des Droits de l'Homme, qui a estimé que la Turquie avait violé le droit de propriété en empêchant l’accès d’un réfugié à ses biens situés dans la zone Nord. Enfin, le choix judiciaire permet de discréditer la RTCN, appliquant une stratégie d’invisibilité. Car la RTCN ne fut jamais condamnée, une condamnation serait une reconnaissance de son existence en tant qu’entité politique indépendante. Elle est donc pour les juristes une émanation de l’administration Turque, dès lors seule la Turquie peut être jugée.
Le déroulement du procès Oram et son issue future joueront un rôle décisif pour l’avenir des réfugiés Chypriote et pour l’avenir du tourisme au nord. Le premier jugement rendu en octobre 2004 a condamné les Orams à détruire leur maison et à payer des dommages et intérêts à la famille Apostolides. S’appuyant sur les lois en vigueur au sein de l’Union Européenne les avocats de la famille Apostolides demandèrent à la Haute Cour de Londres de réquisitionner la résidence principale des Orams si le jugement n’était pas appliqué.
Lorsque les Orams ont fait appel du jugement le choix d’une nouvelle avocate fut à l’origine de nombreuses réactions dépassant le cadre insulaire. En effet, la famille Orams a choisi comme avocate Cherie Booth, la femme du Premier Ministre Britannique, Tony Blair. Le choix d’une experte  des questions des Droits de l’Homme et du droit Européen paraît logique, mais l’impact symbolique provoqua de vives réactions au sein de la société sud Chypriote, et fut perçue comme une  « provocation » selon les termes du Président Papadopoulos. Mais son gouvernement ne peut ignorer la place qu’occupe le tourisme britannique, qui en 2005  représentait 56% du contingent touristique annuel et dont la participation au PIB peut être estimée  à 11%.


Allons-nous vers une nouvelle politique de colonisation menée par la RTCN ? À la suite de la partition, le gouvernement de Chypre Nord eut recours à l’immigration anatolienne afin de procéder à un rééquilibrage démographique, car 18% de la population totale (les Chypriotes Turques) ne pouvaient  occuper 30% du territoire. Cette politique a montré ces limites en termes économiques et de légitimation politique.  La vente de terrains appartenant à des Chypriotes grecs  se révélerait plus viable. En fait cela tend à complexifier « l’équation chypriote » avec l’apparition d’un nouveau groupe d’intérêt incarné par l’association de défense de ces nouveaux propriétaires, l’European Property Association of Northern Cyprus, dont le poids réel reste encore inconnu.
Comme le montre l’exemple de Chypre Nord le cloisonnement disciplinaire des champs ne se retrouve pas dans les pratiques des acteurs insulaires. Les choix qui guident le  développement touristique ne se limitent pas à la prise en compte des enjeux économiques et écologiques. Il n’y a pas, dans notre cas, de véritable coalescence des champs mais une domination des enjeux géopolitiques, un lien de dépendance semble s’être mis en place aux dépens du tourisme. Dans ce contexte, l’action de l’Union Européenne pose avec force la nécessité de définir une ligne de conduite claire et permettant la mise en œuvre d’une action cohérente. Les initiatives menées dans le cadre du programme Partnership for the Futur n’ont jamais comme partenaire direct les instances de la RTNC. Mais elles sont réalisées en partenariat avec des associations  ou des chambres de commerces, instances non gouvernementales, qui restent dans leurs statuts et dans leurs modes de fonctionnement fortement liées à la RTNC. L’utilisation de ces « acteurs écran » ne semble pas favorable à la cohérence qu’exige le problème Chypriote. L’action de l’Union européenne devra prendre en compte une frontière mouvante entre l’aide nécessaire à apporter à Chypre Nord pour accompagner l’île vers la réunification et le risque de consolider politiquement et économiquement la RTNC.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article