Définition du territoire par Arendt H.

Publié le par olivier Legrand

Arendt H (1966 [2002]), Eichmann à Jérusalem, Folio Histoire, Paris, p.519

p.456
« Pour prétendre facilement à la compétence territoriale, il eut suffi qu’Israël explique que, pour le droit, un « territoire » est un concept juridique et politique et pas seulement un terme géographique. Essentiellement, un territoire n’est pas une étendue de terrain que l’espace entre les individus d’un groupe dont les membres sont liés entre eux, à la fois séparés et protégés les uns des autres, par toutes sortes de rapports, fondés sur une langue commune, une religion, une histoire commune, des coutumes et des lois. De tels rapports ne se manifestent spatialement que dans ma mesure où ils constituent eux-mêmes l’espace à l’intérieur duquel les membres d’un groupe entretiennent des rapports les uns avec les autres. Il n’y aurait jamais eu d’État d’Israël sur le peuple juif n’avait créé, et maintenu, son espace relationnel propre et particulier à travers des siècles de dispersion, avant de s’approprier son ancien territoire. »

p.458
« Dans ce cas précis [l’enlèvement de Eichmann], Israël avait effectivement violé le principe territorial dont la signification principale réside dans le fait que la terre est habitée par de nombreux peuples et que ces peules sont régis par des lois très différentes, de sorte que toute extension de la loi d’un territoire au-delà des frontières et des limitations de sa validité mettra immédiatement cette loi en conflit avec celle d’un autre territoire. »
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