Les réfugiées doivent-ils disparaître? (PartIII)
Complétant le volet urbanistique de la politique en faveur des personnes déplacées, l’instauration de « municipalités délocalisés » constitue une originalité révélatrice de la situation Chypriote contemporaine. Le passage de certaines municipalités sous le contrôle de l’armée Turc et le remodelage démographique consécutif n’as donc pas entraîné la disparition de certaines municipalités mise en place avant l’invasion. La prise en compte de cette acteur politique est aujourd’hui nécessaire car la question des réfugiés se trouve au centre des options politiques lié à la réunification. Comme nous l’avons montré dans la seconde partie de se devoir, il n’existait pas un « réfugiés type ». Dans le même ordre d’idée, il est nécessaire de mieux comprendre les différentes formes qu’ont prises les revendications des réfugiés Chypriotes grecs. Par le rapport particulier qu’elles instaurent avec le territoire perdu, les « municipalités délocalisés » se révèlent être des actrices politiques qui ne peuvent être confondu avec les autres organisations de réfugiés.
Si la question des réfugiés se retrouve au sein de nombreux article et livre, son étude en tant que groupe social ou en tant qu’acteur politique reste limitée. Ainsi le rôle des réfugiés expatrier au sein de la vie politique, de la production scientifique et littéraire n’a pas encore été étudié. Si les explications données au refus du Plan Annan par les citoyens de la République de Chypre ont pris en compte l’influence du vote des réfugiés, ces explications sont restées très floues dans leurs définitions de ce groupe. Les informations fournies par les institutions de la République de Chypre sont aussi marquées par une certaine opacité. Si les effets tragiques de l’invasion et le sort des réfugiés sont mis en avant les informations relatives au statut et à leurs situation économique actuel sont elles plus difficiles à trouver. Cette étude a pu être réalisé grâce à l’aide de M. Hadjiyiangou et de M. Germanos responsables auprès de l’Union des municipalités Chypriotes des municipalités sous occupation turque1.
Afin de comprendre dans quel esprit ont été prises les décisions concernant le statut des réfugiés de 1974, il est intéressant de revenir sur le traitement fait à la Constitution de 1960. Considérée comme imposé par les puissances étrangères la Constitution fut mise à mal dès la crise de 1963 et le départ des responsables Chypriotes turcs des instances de la République, le dernier juge Chypriotes turcs siégea à la Cour Suprême jusqu’en 1966. Cette Cour Suprême a été constituée par la fusion en 1963 de la Cour Constitutionnel et de la Haute Cours de Justice2. Si les sièges de la Chambre des Représentants réservés aux représentants Chypriotes turc sont resté vide, aucun siège de la Cour Suprême n’a été laissé vacant. En statuant sur le « droit de nécessité », cette Cours a permis le fonctionnement des différents organes de l’État sans que la Constitution soit remise directement en cause. Ainsi la Constitution de 1960 a pu être vidé de son contenu et est devenu un des symboles de la résistance face aux changements provoqués par l’invasion Turque.
Pour comprendre aujourd’hui la réalité des réfugiés il est nécessaire de considérer à la fois du statut civique qu’il leur a été accordés mais aussi leurs conditions condition socio-économique. Il n’y a pas réellement d’accord sur le nombre de réfugiés à Chypre. L’UNFICYP en 1999 estime à 210 000 le nombre de personnes déplacées à la suite des
1 Dans le site de l’Union des Municipalités Chypriotes, ces municipalités sont désignées sous l’expression :« Municipalities under turkish occupation since 1974 »
2 La justice constitutionnelle, S. S. Papasavvas, à Chypre1998
violences communautaires et de l’invasion de 1974, 165 000 dans la partie Sud et 45 000 dans la partie Nord1. Mais en 2002, le nombre de internally displaced people (IDPs), nom officiel des réfugiés, dans la partie Sud est passé à 200 000 selon le gouvernement de la République de Chypre. Prés de 30 ans après l’invasion le nombre de réfugiés recensés dans la partie Sud de l’île a donc augmenté de près de 21%. Cette incertitude statistique n’a pas pour origine une défaillance des institutions mais des évolutions qu’a connues le statut de IDP. En 2002, le gouvernement a décidé de donné le statut de réfugiés aux enfants des hommes déplacés2. Le prolongement de la séparation de facto de l’île n’as donc pas entraîné une disparition de la question des réfugiés. En décidant d’élargir le statut de réfugiés aux enfants des réfugiés mâle le gouvernement a réaffirmé que le temps ne suffirait pas à résoudre cette question. Le statut de réfugié donne accès aux logements dans les quartiers de réfugiés et à l’aide gouvernementale, mais aussi il assure la passation des titres des propriétés perdues. Le statut de réfugiés n’est donc pas figé et sa définition et à la fois scientifique et politique. On peut s’interroger sur le sens du choix de ne donner qu’aux hommes le droit de transmettre ce statut et si un tel choix est seulement « imputable à des facteurs structurels et culturels »3.
Mais la prise en compte du statut des IDP ne suffit pas pour rendre compte de la réalité des réfugiés et de leurs enfants. Il est possible de dessiner approximativement la et les places qu’occupent les réfugiés au sein de la société sud Chypriote à la fois dans le champs politique et économique. L’étude de la classe politique sud chypriote montre que les réfugiés ont participé à la reconstruction du pays après 1974. La carrière politique de P. Papageorgiou peut servir d’exemple. Expulsé de sa ville natale de Morfou, il fut élu en 1978 Secrétaire Général du « Pancyprian Committee for Refugees », mais sa place au sein du champ politique ne se limitera pas à la question des réfugiés. En 1982 il devient Ministre du Travail poste qu’il occupa jusqu’en 1985, puis en 1991, il est élu comme membre de l’AKEL (parti communiste Chypriote) au parlement du District de Nicosie4. Au niveau économique, la distribution inégale des réfugiés a entraîné un remaniement du rôle de chaque ville, Limassol s’est s’affirmer comme « porte d’entrée » de la République, le dynamisme économique de son port et de l’aéroport s’explique en partie par l’arrivé des réfugiés de Famagouste déjà spécialisé dans ce type d’activité. La domination de Nicosie sur l’ensemble de la structure urbaine a été remise en cause, elle a perdu son aéroport international et est passée d’une situation centrale à une position de ville frontière. Enfin, la satisfaction de la demande de en logement par les réfugiés expliquerait la baisse du taux de croissance que connaît l’économie sud Chypriote, le taux de croissance est passé de 34% en 1980 à 24% en 1990 et à 18% en 2004. C’est ce qui explique que la part des ménages logés dans les quartiers de réfugiés est constamment diminuée, passant de 16.5%. en 19975 à 8.1% en 20036. Ainsi la majorité des études portant sur l’intégration de ses populations affirment que l’intégration à été réussi, notamment grâce à l’envol de l’économique sud Chypriote3. Cette évolution explique le choix fait en 1999 par l’UNHCR de ne plus inclure dans ses statistiques les IDP chypriotes. Mais dans le même temps toutes ces sources affirment que la volonté de retour est très présente et constitue l’une des principale revendication des réfugiés. La bonne intégration des réfugiés ne s’est donc pas accompagnée d’un gommage de l’identité des réfugiés.
1-4 Délégation Régionale pour le Benelux et les Institutions Européennes, Background Note on the Protection of Asylum Seekers and Refugees in Cyprus, HNHCR 2003
2 –5 Comités des droits économiques, sociaux et culturelles, Observations finales du Comité, Chypre, U.N. 2003.
3-6Global IDP Project, Profil of internal discement : Cyprus, Norwegian Refugee Council 2005
5P. Pashardes, Poverty and social exclusion in Cyprus, 2003

La mémoire et les revendications des réfugiés ont été portées durant ces 30 ans par différents groupes :organisations, institutions, associations et fédérations. Au sein de cette mosaïque, les « municipalités délocalisées » ont une place appart. Leurs existences reposent sur une volonté émanent directement de l’État. Contrairement au autres organisations de réfugiés, ces municipalités ont vu leurs existences assurées par diverse loi, qui ont fixé leurs modes de fonctionnement mais aussi les ressources dont elle dispose. On dénombre aujourd’hui 9 « Municipalities under turkish occupation », il s’agit des municipalités d’Ammochostos, Keryneia, Karavas, Lapithos, Lysi, Lefkonoiko, Akanthou et Morfou. On peut remarquer l’absence de la municipalité de Lekfa ; cette absence par la composition démographique de cette municipalité qui en 1960 était occupée à 97% de Chypriotes turcs1. Ces municipalités relocalisées sur le territoire effectif de la République de Chypre ont vu leurs fonctionnements affectés par les différentes politiques visant les collectivités locales. On peut donner l’exemple symbolique de la politique de « hellénisation» des toponymes qui a touché à la fois la capitale, Nicosie a été rebaptisé Lefkosia et mais aussi Famagusta qui est devenu Ammochostos.
Le vote du maire et des conseillés municipaux (qui est séparé) a été rendu possible par la mise en place d’un double droit de vote. Les réfugiés en provenance de ces municipalités peuvent participer à la fois aux élections dans la municipalité où ils résident actuellement2 et aux élections de la municipalité où ils habitaient avant l’invasion. Durant les élections municipales de 1996, 105 bureaux de vote ont été réservés à ces municipalités sur un total de 565 bureaux. Grâce à l’élargissement du statut de réfugiés, les enfants des réfugiés hommes pourront participer aux prochaines élections municipales qui doivent se dérouler au cours de l’année 2006. En permettant à ces municipalités de continuer leurs activités le gouvernement a introduit une première différenciation au sein des réfugiés. Car il existe au sein de la République de Chypre deux type de collectivités locales, les municipalités et le communautés. Les communautés correspondent à des unités démographique et économique de petite taille, elles ont des compétences et des modes d’élection différentes de ceux des municipalités et restent sous tutelle du « préfet » de District nommé par le gouvernement. Les Communautés situées dans la partie Nord n’ont pas eu le droit de persisté après l’invasion. Pourtant ce sont ces collectivités qui abritaient en 1974 la majorité des habitants de la zone Nord.
Le principal intérêt de ces municipalités est qu’elles peuvent nous renseigner sur l’existence d’enjeux et de confrontation au sein de la population des réfugiés. L’analyse des résultats des élections des maires en 1996 et en 2001 montre que si cette fonction ne semble être que symbole, elle n’en est pas moins convoitée. Ainsi en 1996 seulement 3 maires ont été élus sans opposition, ils ne sont plus que 2 en 2001. Dans le même ordre d’idées durant les élections de 1996, les différentes parties politiques n’ont pas réussi à s’entendre autour d’une liste commune de conseiller pour les municipalités de Famagouste / Ammochostos et de Morfou. Ainsi à la différence des 7 autres municipalités, l’élection des conseillés a eu lieu selon la procédure « normale ». Aux dires de M. Hadjiyiangou ce phénomène a pris de l’ampleur car durant de l’élection de 2001, 4 municipalités se sont retrouvées dans cette même situation.
1 Departement of Lands and Survey, 1995
2 Les documents officiels utilisent l’expression « temporarily residents »

Les « municipalités délocalisés » ont cette particularité de localisée précisément les revendications et les attentent de leurs membres. Le lien qu’elles entretiennent avec le territoire perdu se retrouve poussé à son paroxysme. Analyser l’ensemble des actions menés par ces municipalités nécessiterait un travail de terrain complet. Par conséquent, nous nous concentrerons sur les actions de « communications» mis en place au sein par ces municipalités. L’étude des discours portés par les responsables de municipalités délocalisés permet d’esquisser les différentes représentations qui guident leurs actions et de connaître les revendications spécifiques aux réfugiés sud Chypriotes.
Un des premier constat que peut-être fait est la grande disparité que l’on peut observer au sein de l’implication de chaque municipalité dans le domaine qui nous occupe. Deux groupe semble se dessiner, avec un premier groupe dont l’activité de communication et très importante et un second groupe où cette activité semble absente. Ainsi seules les municipalités de Kerynia et de Lapithos possèdent un site Internet et une adresse électronique propre. Cette différence a été confirmée par le fait que les municipalités d’Ammochostos (Famagouste), Karavas, Lysi, Lefkonoiko, Akanthou et Morfou n’ont pas répondu aux lettres qui leur ont été envoyées par Internet. Cette absence de réponse ne signifie pas automatiquement une existence « fantôme » de ces municipalités car les maires d’Ammochostos (Famagouste) et de Morfou n’ont jamais été élus sans oppositions au cours des élections de 1996 et de 2001. Cette différence a pour conséquence une mise en avant des municipalités de Kerynia et de Lapithos.
La culture occupe une place importante au sein des activités portées par les municipalités. L’assistance portée à ces initiatives est à financière, technique et administrative. Les municipalités prennent aussi en charge leurs publicité via leur site Internet. La volonté qui porte l’association automobile de Kerynia, KAA, correspond à un refus du changement. Créée en 1973, la KAA organisa pendant un peu plus d’un an des « événement sportif » dans la ville de Kerynia. L’association revit le jour en 1980 autour de son activité événementielle mais dans la ville de Pafos, activités qu’elle continue à assurer aujourd’hui et « till the day of the return back to Kerynia »1. Mais ce rapport d’activité en zone libre ne constitue qu’une petite partie des activités culturelles portées par les municipalités. La municipalité de Kerynia est aussi active dans la fondation culturel « Kyrenia-Chrysocava » datant des années 80. La fondation porte des projets scientifiques comme la construction d’une réplique de bateaux alexandrins. La fondation culturelle portée par la mairie de Lapithos se différencie par un contenu politique plus affirmé. Ces visés sont tournés quasi-exclusivement vers les réfugiés de Lapithos, les buts qu’elle affiche sont de « develop, safeguard, maintain the memory of the manners and customs, the cultural heritage and traditions of the area of Lapithos » 2 et ceci afin d’unir les « all displaced Lapithians despite party or ideological »2. Cette fondation se différencie par la nature de ses initiatives qui dépasse le champ culturel avec la mise en place d’une assistance économique en faveur des « Lapithians ». La majorité des projets sont tournés vers un futur ou les réfugiés retournent dans leur « ancestral homes ». Le président de l’association qui n’est autre que le maire de la municipalité de Lapithos projet la construction dans « sa ville » d’un musé de l’art folklorique, d’une bibliothèque et le financement de recherche sur le folklore de la région de Lapithos2. Enfin la politique culturelle portée par le maire de Lapithos est aussi tournée vers les nouvelles générations, avec la mise en place grâce au Ministre de l’éducation d’un conseil éducatif, the School Boards, consacré au lycéen « originaire de Lapithos » en charge de la mise en oeuvre d’événement comme la remise d’un prix au meilleur lycéen.
1 Extrait du site :agrino.org/kyreniaaa/
2 Extrait du site : www.lapithos.org
Les municipalités sont aussi à l’origine de « politiques extérieurs » par le biais des jumelages. Leurs buts peuvent être à la fois symbolique et politique par la mise en oeuvre d’action de lobbying. Le premier jumelage mis place par la municipalité de Lapithos date de 1994. La ville choisie fut la ville grecque Mandraki, un tel choix n’est pas neutre. Premièrement il s’incérait dans une politique plus large de coopération mise en place par les gouvernements Chypriote et Grecque, Cyprus-AEGEAN Inegrated national Space, qui unifiait l espace aérien des deux pays et qui fut très critiqué par la Turquie. Deuxièmement, la municipalité de Mandraki se localisent dans l’île de Nisyros dans le Dodécanèse. Or l’entré de ces anciennes colonies italiennes dans le Royaume de Grèce fut constatée par la Turquie, qui voyait dès lors s’arrêter la frontière aérienne et maritime de la Grèce a la sortie de ses ports égéens. La municipalité de Lapithos affirmait donc son lien et son soutien avec un territoire qui comme lui a connu de nombre « violation de son intégrité » par l’armée turque, les avions de chasse turque entrant fréquemment sans autorisation dans l’espace arien grec dans la région du Dodécanèse1. L’acte de jumelage affirmait la solidarité des deux communes et des pays afin de renforcer leur « national unity »2 et aidé à la libération de Lapithos et de Chypre. Le deuxième jumelage réalisé par la municipalité eue lieu en 2002 avec la ville grecque de Sparte.
Récemment deux grand enjeux ont mobilisé les municipalités délocalisées, il s’agit bien sur du plan Annan mais aussi des problèmes liés au développement touristique observé à chypre Nord4. Les municipalités de Kerynia et de Lapithos semble faire front uni pour empêcher la vente de terrain appartenant localisé dans la zone Nord et appartenant à des réfugiés chypriotes grecque dans leur majorité. Le site de la municipalité de Kerynia consacre une page entière à ce sujet et dont le titre parle de lui-même, « You are committing a criminal offence ». Les maires de Lapithos et de Karavas on eux déposaient une lettre à l’adresse du Premier Ministre Britannique au 10 Downing Street afin de l’informé de la situation des propriétés des réfugiés et du fait que « many of British subjects who have illegally bought properties legally belonging to Greek Cypriot citizens of the Republic of Cyprus without their consent »2.Pourtant des différences existent entre l’action des municipalités de Kerynia et de Lapithos. On peut relever que dans les multitudes de liens Internet proposé les municipalités ne proposent jamais des liens vers les autres municipalités délocalisées. On note aussi de grande différence dans le vocabulaire et les expressions employé, aussi dans l’association culturelle de Kerynia dans la traduction turque qu’elle propose de sa page utilise le toponyme de Girmé pour nommer la ville, reconnaissance une légitimité même partielle au Chypriote turc. Les textes produits par la municipalité de Lapithos sont marqués par une remise en cause de l’identité et de l’héritage Chypriotes turc, la période Ottoman étant désigné comme « the dark years of Turkish Rule (Tourkokratia) (1571-1878) ». Hors les différences d'avenir que proposé le Plan Annan ne semble pas pouvoir expliquer ses tensions au sein des municipalités délocalisées, car selon seule la municipalité de Lysis devait retourner sous la souveraineté de « l’état constituant chypriote grec ».
1 La Grèce devant l’adhésion de la Turquie, M.Savignon, Herodote n° 118 2005
2 Extrait du site : www.lapithos.org
3 Littéralement : « To fight with all our strength for our national cause and rights for final vindication of the Cyprus problem for a free Lapithos in a free Cyprus. »
4 Les enjeux du tourisme à Chypre Nord, O.Legrand, apparaître ?

La complexité de la situation Chypriote a provoqué une sous-évaluation de certains de ses aspects, les réalités des réfugiés Chypriote est donc un immense champ de recherche encore peu explorer. L’identité d’un groupe est dynamique, les chypriotes « grecs » et « turc » ont autant participer à l’histoire de l’île que l’histoire de l’île a participé à leur définitions en tant que groupe
,
Notre cherche nous a appris en quoi comprendre en quoi les politiques volontaristes mener par les différents organes de la République de Chypre ont pesé sur la définition même de l’identité des réfugiés. Mais cette proposition est aussi a inversé car comme nous l’avons vu dans le cas du logement sociale les réfugiés par leur poids politique et morale ont transformé et réorienté la politique étatique l’amenant dans des domaine qui dépasse ses prérogative régalienne.
L’étude du Chypriote est liée aux concepts de la légitimité politique et de démocratie. En retraçant l’histoire de l’île on constate qu’il n’existe pas une Histoire mais bien des « histoires » et des « mémoires » qui sont mobilisés par les protagonistes contemporains au gré de leurs buts et leurs statuts. Ce retour historique a permis de mettre en avant les nombreux profils qui se cache derrière le terme générique de réfugié.
Le volet urbain de la politique d’accueil des réfugiés s’est concentré sur la question du logement, mais qu’ils soit intégrés ou non aux programme de logement les effets spatiale et sociale d’une telle entreprise sont inévitable. . Il semblerait que les actions du Plan est peu influencé sur la configuration prise par la répartition des réfugiés au lendemain de l’invasion. Ce choix semble avoir participer à la refonte de l’armature urbaine dont le facteur principal reste la perte de centre urbain important. Le Plan n’a pas exploité les possibilités offertes par la morphologie urbaine des villes chypriotes et n’a pas souhaité remettre en causse les logiques spéculatives en œuvres dans ses principales villes. Mais si un tel choix fut très critiqué par les écoles urbanistiques plus étatiques et plus interventionnistes, la ségrégation spatiale des quartiers de réfugiés n’a pas débouché sur une ségrégation sociale de ses occupants.
Complétant le volet urbanistique de la politique en faveur des personnes déplacées, l’instauration de « municipalités délocalisés » constitue une originalité révélatrice de la situation Chypriote contemporaine. Elles instaurent un rapport particulier avec les territoires perdus. Les « municipalités délocalisées » ont pendant 30 porté la mémoire et les revendications des réfugiés et ont ainsi participé à sa redéfinition. Par le biais des élections municipales, elles peuvent aussi nous renseigner sur les d’enjeux et les confrontations existant au sein de la population des « réfugiés ». De même les grandes disparités observer au sein de l’implication dans les « domaines de la communication » sont à interroger. Si le plan Annan entraînait une différence de destins aux seins des « municipalités délocalisées », il ne peut expliquer les différences dans les discours produits par ces entités.
Dans ce contexte que l’action de l’Union Européenne doit s’inscrire. La définition d’une ligne de conduite de son action est à la mise en œuvre d’une action cohérente. Ces initiatives devront prendre en compte une frontière mouvante entre l’aide nécessaire à apporter à Chypre Nord pour accompagner l’île vers la réunification et le risque de consolider politiquement et économiquement la RTNC. Et ceci tout en tenant compte des différents acteurs présents dans l’île et dont les intérêts et les représentations sont issue d’une histoire longue et douloureuse.
Si la question des réfugiés se retrouve au sein de nombreux article et livre, son étude en tant que groupe social ou en tant qu’acteur politique reste limitée. Ainsi le rôle des réfugiés expatrier au sein de la vie politique, de la production scientifique et littéraire n’a pas encore été étudié. Si les explications données au refus du Plan Annan par les citoyens de la République de Chypre ont pris en compte l’influence du vote des réfugiés, ces explications sont restées très floues dans leurs définitions de ce groupe. Les informations fournies par les institutions de la République de Chypre sont aussi marquées par une certaine opacité. Si les effets tragiques de l’invasion et le sort des réfugiés sont mis en avant les informations relatives au statut et à leurs situation économique actuel sont elles plus difficiles à trouver. Cette étude a pu être réalisé grâce à l’aide de M. Hadjiyiangou et de M. Germanos responsables auprès de l’Union des municipalités Chypriotes des municipalités sous occupation turque1.
Afin de comprendre dans quel esprit ont été prises les décisions concernant le statut des réfugiés de 1974, il est intéressant de revenir sur le traitement fait à la Constitution de 1960. Considérée comme imposé par les puissances étrangères la Constitution fut mise à mal dès la crise de 1963 et le départ des responsables Chypriotes turcs des instances de la République, le dernier juge Chypriotes turcs siégea à la Cour Suprême jusqu’en 1966. Cette Cour Suprême a été constituée par la fusion en 1963 de la Cour Constitutionnel et de la Haute Cours de Justice2. Si les sièges de la Chambre des Représentants réservés aux représentants Chypriotes turc sont resté vide, aucun siège de la Cour Suprême n’a été laissé vacant. En statuant sur le « droit de nécessité », cette Cours a permis le fonctionnement des différents organes de l’État sans que la Constitution soit remise directement en cause. Ainsi la Constitution de 1960 a pu être vidé de son contenu et est devenu un des symboles de la résistance face aux changements provoqués par l’invasion Turque.
Pour comprendre aujourd’hui la réalité des réfugiés il est nécessaire de considérer à la fois du statut civique qu’il leur a été accordés mais aussi leurs conditions condition socio-économique. Il n’y a pas réellement d’accord sur le nombre de réfugiés à Chypre. L’UNFICYP en 1999 estime à 210 000 le nombre de personnes déplacées à la suite des
1 Dans le site de l’Union des Municipalités Chypriotes, ces municipalités sont désignées sous l’expression :« Municipalities under turkish occupation since 1974 »
2 La justice constitutionnelle, S. S. Papasavvas, à Chypre1998
violences communautaires et de l’invasion de 1974, 165 000 dans la partie Sud et 45 000 dans la partie Nord1. Mais en 2002, le nombre de internally displaced people (IDPs), nom officiel des réfugiés, dans la partie Sud est passé à 200 000 selon le gouvernement de la République de Chypre. Prés de 30 ans après l’invasion le nombre de réfugiés recensés dans la partie Sud de l’île a donc augmenté de près de 21%. Cette incertitude statistique n’a pas pour origine une défaillance des institutions mais des évolutions qu’a connues le statut de IDP. En 2002, le gouvernement a décidé de donné le statut de réfugiés aux enfants des hommes déplacés2. Le prolongement de la séparation de facto de l’île n’as donc pas entraîné une disparition de la question des réfugiés. En décidant d’élargir le statut de réfugiés aux enfants des réfugiés mâle le gouvernement a réaffirmé que le temps ne suffirait pas à résoudre cette question. Le statut de réfugié donne accès aux logements dans les quartiers de réfugiés et à l’aide gouvernementale, mais aussi il assure la passation des titres des propriétés perdues. Le statut de réfugiés n’est donc pas figé et sa définition et à la fois scientifique et politique. On peut s’interroger sur le sens du choix de ne donner qu’aux hommes le droit de transmettre ce statut et si un tel choix est seulement « imputable à des facteurs structurels et culturels »3.
Mais la prise en compte du statut des IDP ne suffit pas pour rendre compte de la réalité des réfugiés et de leurs enfants. Il est possible de dessiner approximativement la et les places qu’occupent les réfugiés au sein de la société sud Chypriote à la fois dans le champs politique et économique. L’étude de la classe politique sud chypriote montre que les réfugiés ont participé à la reconstruction du pays après 1974. La carrière politique de P. Papageorgiou peut servir d’exemple. Expulsé de sa ville natale de Morfou, il fut élu en 1978 Secrétaire Général du « Pancyprian Committee for Refugees », mais sa place au sein du champ politique ne se limitera pas à la question des réfugiés. En 1982 il devient Ministre du Travail poste qu’il occupa jusqu’en 1985, puis en 1991, il est élu comme membre de l’AKEL (parti communiste Chypriote) au parlement du District de Nicosie4. Au niveau économique, la distribution inégale des réfugiés a entraîné un remaniement du rôle de chaque ville, Limassol s’est s’affirmer comme « porte d’entrée » de la République, le dynamisme économique de son port et de l’aéroport s’explique en partie par l’arrivé des réfugiés de Famagouste déjà spécialisé dans ce type d’activité. La domination de Nicosie sur l’ensemble de la structure urbaine a été remise en cause, elle a perdu son aéroport international et est passée d’une situation centrale à une position de ville frontière. Enfin, la satisfaction de la demande de en logement par les réfugiés expliquerait la baisse du taux de croissance que connaît l’économie sud Chypriote, le taux de croissance est passé de 34% en 1980 à 24% en 1990 et à 18% en 2004. C’est ce qui explique que la part des ménages logés dans les quartiers de réfugiés est constamment diminuée, passant de 16.5%. en 19975 à 8.1% en 20036. Ainsi la majorité des études portant sur l’intégration de ses populations affirment que l’intégration à été réussi, notamment grâce à l’envol de l’économique sud Chypriote3. Cette évolution explique le choix fait en 1999 par l’UNHCR de ne plus inclure dans ses statistiques les IDP chypriotes. Mais dans le même temps toutes ces sources affirment que la volonté de retour est très présente et constitue l’une des principale revendication des réfugiés. La bonne intégration des réfugiés ne s’est donc pas accompagnée d’un gommage de l’identité des réfugiés.
1-4 Délégation Régionale pour le Benelux et les Institutions Européennes, Background Note on the Protection of Asylum Seekers and Refugees in Cyprus, HNHCR 2003
2 –5 Comités des droits économiques, sociaux et culturelles, Observations finales du Comité, Chypre, U.N. 2003.
3-6Global IDP Project, Profil of internal discement : Cyprus, Norwegian Refugee Council 2005
5P. Pashardes, Poverty and social exclusion in Cyprus, 2003

La mémoire et les revendications des réfugiés ont été portées durant ces 30 ans par différents groupes :organisations, institutions, associations et fédérations. Au sein de cette mosaïque, les « municipalités délocalisées » ont une place appart. Leurs existences reposent sur une volonté émanent directement de l’État. Contrairement au autres organisations de réfugiés, ces municipalités ont vu leurs existences assurées par diverse loi, qui ont fixé leurs modes de fonctionnement mais aussi les ressources dont elle dispose. On dénombre aujourd’hui 9 « Municipalities under turkish occupation », il s’agit des municipalités d’Ammochostos, Keryneia, Karavas, Lapithos, Lysi, Lefkonoiko, Akanthou et Morfou. On peut remarquer l’absence de la municipalité de Lekfa ; cette absence par la composition démographique de cette municipalité qui en 1960 était occupée à 97% de Chypriotes turcs1. Ces municipalités relocalisées sur le territoire effectif de la République de Chypre ont vu leurs fonctionnements affectés par les différentes politiques visant les collectivités locales. On peut donner l’exemple symbolique de la politique de « hellénisation» des toponymes qui a touché à la fois la capitale, Nicosie a été rebaptisé Lefkosia et mais aussi Famagusta qui est devenu Ammochostos.
Le vote du maire et des conseillés municipaux (qui est séparé) a été rendu possible par la mise en place d’un double droit de vote. Les réfugiés en provenance de ces municipalités peuvent participer à la fois aux élections dans la municipalité où ils résident actuellement2 et aux élections de la municipalité où ils habitaient avant l’invasion. Durant les élections municipales de 1996, 105 bureaux de vote ont été réservés à ces municipalités sur un total de 565 bureaux. Grâce à l’élargissement du statut de réfugiés, les enfants des réfugiés hommes pourront participer aux prochaines élections municipales qui doivent se dérouler au cours de l’année 2006. En permettant à ces municipalités de continuer leurs activités le gouvernement a introduit une première différenciation au sein des réfugiés. Car il existe au sein de la République de Chypre deux type de collectivités locales, les municipalités et le communautés. Les communautés correspondent à des unités démographique et économique de petite taille, elles ont des compétences et des modes d’élection différentes de ceux des municipalités et restent sous tutelle du « préfet » de District nommé par le gouvernement. Les Communautés situées dans la partie Nord n’ont pas eu le droit de persisté après l’invasion. Pourtant ce sont ces collectivités qui abritaient en 1974 la majorité des habitants de la zone Nord.
Le principal intérêt de ces municipalités est qu’elles peuvent nous renseigner sur l’existence d’enjeux et de confrontation au sein de la population des réfugiés. L’analyse des résultats des élections des maires en 1996 et en 2001 montre que si cette fonction ne semble être que symbole, elle n’en est pas moins convoitée. Ainsi en 1996 seulement 3 maires ont été élus sans opposition, ils ne sont plus que 2 en 2001. Dans le même ordre d’idées durant les élections de 1996, les différentes parties politiques n’ont pas réussi à s’entendre autour d’une liste commune de conseiller pour les municipalités de Famagouste / Ammochostos et de Morfou. Ainsi à la différence des 7 autres municipalités, l’élection des conseillés a eu lieu selon la procédure « normale ». Aux dires de M. Hadjiyiangou ce phénomène a pris de l’ampleur car durant de l’élection de 2001, 4 municipalités se sont retrouvées dans cette même situation.
1 Departement of Lands and Survey, 1995
2 Les documents officiels utilisent l’expression « temporarily residents »

Les « municipalités délocalisés » ont cette particularité de localisée précisément les revendications et les attentent de leurs membres. Le lien qu’elles entretiennent avec le territoire perdu se retrouve poussé à son paroxysme. Analyser l’ensemble des actions menés par ces municipalités nécessiterait un travail de terrain complet. Par conséquent, nous nous concentrerons sur les actions de « communications» mis en place au sein par ces municipalités. L’étude des discours portés par les responsables de municipalités délocalisés permet d’esquisser les différentes représentations qui guident leurs actions et de connaître les revendications spécifiques aux réfugiés sud Chypriotes.
Un des premier constat que peut-être fait est la grande disparité que l’on peut observer au sein de l’implication de chaque municipalité dans le domaine qui nous occupe. Deux groupe semble se dessiner, avec un premier groupe dont l’activité de communication et très importante et un second groupe où cette activité semble absente. Ainsi seules les municipalités de Kerynia et de Lapithos possèdent un site Internet et une adresse électronique propre. Cette différence a été confirmée par le fait que les municipalités d’Ammochostos (Famagouste), Karavas, Lysi, Lefkonoiko, Akanthou et Morfou n’ont pas répondu aux lettres qui leur ont été envoyées par Internet. Cette absence de réponse ne signifie pas automatiquement une existence « fantôme » de ces municipalités car les maires d’Ammochostos (Famagouste) et de Morfou n’ont jamais été élus sans oppositions au cours des élections de 1996 et de 2001. Cette différence a pour conséquence une mise en avant des municipalités de Kerynia et de Lapithos.
La culture occupe une place importante au sein des activités portées par les municipalités. L’assistance portée à ces initiatives est à financière, technique et administrative. Les municipalités prennent aussi en charge leurs publicité via leur site Internet. La volonté qui porte l’association automobile de Kerynia, KAA, correspond à un refus du changement. Créée en 1973, la KAA organisa pendant un peu plus d’un an des « événement sportif » dans la ville de Kerynia. L’association revit le jour en 1980 autour de son activité événementielle mais dans la ville de Pafos, activités qu’elle continue à assurer aujourd’hui et « till the day of the return back to Kerynia »1. Mais ce rapport d’activité en zone libre ne constitue qu’une petite partie des activités culturelles portées par les municipalités. La municipalité de Kerynia est aussi active dans la fondation culturel « Kyrenia-Chrysocava » datant des années 80. La fondation porte des projets scientifiques comme la construction d’une réplique de bateaux alexandrins. La fondation culturelle portée par la mairie de Lapithos se différencie par un contenu politique plus affirmé. Ces visés sont tournés quasi-exclusivement vers les réfugiés de Lapithos, les buts qu’elle affiche sont de « develop, safeguard, maintain the memory of the manners and customs, the cultural heritage and traditions of the area of Lapithos » 2 et ceci afin d’unir les « all displaced Lapithians despite party or ideological »2. Cette fondation se différencie par la nature de ses initiatives qui dépasse le champ culturel avec la mise en place d’une assistance économique en faveur des « Lapithians ». La majorité des projets sont tournés vers un futur ou les réfugiés retournent dans leur « ancestral homes ». Le président de l’association qui n’est autre que le maire de la municipalité de Lapithos projet la construction dans « sa ville » d’un musé de l’art folklorique, d’une bibliothèque et le financement de recherche sur le folklore de la région de Lapithos2. Enfin la politique culturelle portée par le maire de Lapithos est aussi tournée vers les nouvelles générations, avec la mise en place grâce au Ministre de l’éducation d’un conseil éducatif, the School Boards, consacré au lycéen « originaire de Lapithos » en charge de la mise en oeuvre d’événement comme la remise d’un prix au meilleur lycéen.
1 Extrait du site :agrino.org/kyreniaaa/
2 Extrait du site : www.lapithos.org
Les municipalités sont aussi à l’origine de « politiques extérieurs » par le biais des jumelages. Leurs buts peuvent être à la fois symbolique et politique par la mise en oeuvre d’action de lobbying. Le premier jumelage mis place par la municipalité de Lapithos date de 1994. La ville choisie fut la ville grecque Mandraki, un tel choix n’est pas neutre. Premièrement il s’incérait dans une politique plus large de coopération mise en place par les gouvernements Chypriote et Grecque, Cyprus-AEGEAN Inegrated national Space, qui unifiait l espace aérien des deux pays et qui fut très critiqué par la Turquie. Deuxièmement, la municipalité de Mandraki se localisent dans l’île de Nisyros dans le Dodécanèse. Or l’entré de ces anciennes colonies italiennes dans le Royaume de Grèce fut constatée par la Turquie, qui voyait dès lors s’arrêter la frontière aérienne et maritime de la Grèce a la sortie de ses ports égéens. La municipalité de Lapithos affirmait donc son lien et son soutien avec un territoire qui comme lui a connu de nombre « violation de son intégrité » par l’armée turque, les avions de chasse turque entrant fréquemment sans autorisation dans l’espace arien grec dans la région du Dodécanèse1. L’acte de jumelage affirmait la solidarité des deux communes et des pays afin de renforcer leur « national unity »2 et aidé à la libération de Lapithos et de Chypre. Le deuxième jumelage réalisé par la municipalité eue lieu en 2002 avec la ville grecque de Sparte.
Récemment deux grand enjeux ont mobilisé les municipalités délocalisées, il s’agit bien sur du plan Annan mais aussi des problèmes liés au développement touristique observé à chypre Nord4. Les municipalités de Kerynia et de Lapithos semble faire front uni pour empêcher la vente de terrain appartenant localisé dans la zone Nord et appartenant à des réfugiés chypriotes grecque dans leur majorité. Le site de la municipalité de Kerynia consacre une page entière à ce sujet et dont le titre parle de lui-même, « You are committing a criminal offence ». Les maires de Lapithos et de Karavas on eux déposaient une lettre à l’adresse du Premier Ministre Britannique au 10 Downing Street afin de l’informé de la situation des propriétés des réfugiés et du fait que « many of British subjects who have illegally bought properties legally belonging to Greek Cypriot citizens of the Republic of Cyprus without their consent »2.Pourtant des différences existent entre l’action des municipalités de Kerynia et de Lapithos. On peut relever que dans les multitudes de liens Internet proposé les municipalités ne proposent jamais des liens vers les autres municipalités délocalisées. On note aussi de grande différence dans le vocabulaire et les expressions employé, aussi dans l’association culturelle de Kerynia dans la traduction turque qu’elle propose de sa page utilise le toponyme de Girmé pour nommer la ville, reconnaissance une légitimité même partielle au Chypriote turc. Les textes produits par la municipalité de Lapithos sont marqués par une remise en cause de l’identité et de l’héritage Chypriotes turc, la période Ottoman étant désigné comme « the dark years of Turkish Rule (Tourkokratia) (1571-1878) ». Hors les différences d'avenir que proposé le Plan Annan ne semble pas pouvoir expliquer ses tensions au sein des municipalités délocalisées, car selon seule la municipalité de Lysis devait retourner sous la souveraineté de « l’état constituant chypriote grec ».
1 La Grèce devant l’adhésion de la Turquie, M.Savignon, Herodote n° 118 2005
2 Extrait du site : www.lapithos.org
3 Littéralement : « To fight with all our strength for our national cause and rights for final vindication of the Cyprus problem for a free Lapithos in a free Cyprus. »
4 Les enjeux du tourisme à Chypre Nord, O.Legrand, apparaître ?

La complexité de la situation Chypriote a provoqué une sous-évaluation de certains de ses aspects, les réalités des réfugiés Chypriote est donc un immense champ de recherche encore peu explorer. L’identité d’un groupe est dynamique, les chypriotes « grecs » et « turc » ont autant participer à l’histoire de l’île que l’histoire de l’île a participé à leur définitions en tant que groupe
,
Notre cherche nous a appris en quoi comprendre en quoi les politiques volontaristes mener par les différents organes de la République de Chypre ont pesé sur la définition même de l’identité des réfugiés. Mais cette proposition est aussi a inversé car comme nous l’avons vu dans le cas du logement sociale les réfugiés par leur poids politique et morale ont transformé et réorienté la politique étatique l’amenant dans des domaine qui dépasse ses prérogative régalienne.
L’étude du Chypriote est liée aux concepts de la légitimité politique et de démocratie. En retraçant l’histoire de l’île on constate qu’il n’existe pas une Histoire mais bien des « histoires » et des « mémoires » qui sont mobilisés par les protagonistes contemporains au gré de leurs buts et leurs statuts. Ce retour historique a permis de mettre en avant les nombreux profils qui se cache derrière le terme générique de réfugié.
Le volet urbain de la politique d’accueil des réfugiés s’est concentré sur la question du logement, mais qu’ils soit intégrés ou non aux programme de logement les effets spatiale et sociale d’une telle entreprise sont inévitable. . Il semblerait que les actions du Plan est peu influencé sur la configuration prise par la répartition des réfugiés au lendemain de l’invasion. Ce choix semble avoir participer à la refonte de l’armature urbaine dont le facteur principal reste la perte de centre urbain important. Le Plan n’a pas exploité les possibilités offertes par la morphologie urbaine des villes chypriotes et n’a pas souhaité remettre en causse les logiques spéculatives en œuvres dans ses principales villes. Mais si un tel choix fut très critiqué par les écoles urbanistiques plus étatiques et plus interventionnistes, la ségrégation spatiale des quartiers de réfugiés n’a pas débouché sur une ségrégation sociale de ses occupants.
Complétant le volet urbanistique de la politique en faveur des personnes déplacées, l’instauration de « municipalités délocalisés » constitue une originalité révélatrice de la situation Chypriote contemporaine. Elles instaurent un rapport particulier avec les territoires perdus. Les « municipalités délocalisées » ont pendant 30 porté la mémoire et les revendications des réfugiés et ont ainsi participé à sa redéfinition. Par le biais des élections municipales, elles peuvent aussi nous renseigner sur les d’enjeux et les confrontations existant au sein de la population des « réfugiés ». De même les grandes disparités observer au sein de l’implication dans les « domaines de la communication » sont à interroger. Si le plan Annan entraînait une différence de destins aux seins des « municipalités délocalisées », il ne peut expliquer les différences dans les discours produits par ces entités.
Dans ce contexte que l’action de l’Union Européenne doit s’inscrire. La définition d’une ligne de conduite de son action est à la mise en œuvre d’une action cohérente. Ces initiatives devront prendre en compte une frontière mouvante entre l’aide nécessaire à apporter à Chypre Nord pour accompagner l’île vers la réunification et le risque de consolider politiquement et économiquement la RTNC. Et ceci tout en tenant compte des différents acteurs présents dans l’île et dont les intérêts et les représentations sont issue d’une histoire longue et douloureuse.
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